Xing Yi Quan ou Hsing I Ch’uan ? Pourquoi deux écritures pour un même art martial ?
Dernière mise à jour : 20 août
Quand on s’intéresse aux arts martiaux chinois, on tombe rapidement sur une question : pourquoi un même style peut‑il s’écrire de deux (ou plusieurs) façons différentes ?
Par exemple :
Xing Yi Quan – Hsing I Ch’uan – 形意拳
Bagua Zhang – Pa Kua Chang – 八卦掌
Taiji Quan – T’aï Chi Ch’uan – 太極拳
La réponse tient en grande partie à la façon dont le chinois est transcrit dans l’alphabet latin. Le chinois s’écrit avec des caractères et non avec un alphabet. Pour permettre aux étrangers d’apprendre le mandarin, de lire les sons et de les transcrire dans un alphabet latin, deux grands systèmes de romanisation ont été créés : le Wade‑Giles et le Pinyin.
À l’école Dào Xíng Shé, nous utilisons principalement la transcription Pinyin (Xing Yi Quan, Bagua Zhang, Taiji Quan), mais il est utile de connaître les deux systèmes pour naviguer dans les livres, les vidéos et les ressources sur les arts martiaux traditionnels chinois.
Le Wade‑Giles : l’ancien standard occidental
Développé par deux sinologues britanniques au XIXᵉ siècle (Thomas Wade dans les années 1850, perfectionné par Herbert Giles en 1892), le système Wade‑Giles fut longtemps le système dominant dans les publications occidentales, en particulier jusqu’aux années 1970.
Les œuvres classiques sur les arts martiaux, la médecine chinoise ou le taoïsme utilisaient souvent ce système. Très précis pour l’époque, il pouvait sembler complexe pour les non‑initiés, avec des apostrophes, des trémas et des conventions de prononciation peu intuitives.
👉🏻 On écrira alors :
Hsing I Ch’uan (au lieu de Xing Yi Quan)
Pa Kua Chang (au lieu de Bagua Zhang)
T’aï Chi Ch’uan (au lieu de Taiji Quan)
Beaucoup de livres fondateurs, de traductions anciennes et de documents historiques sur les arts martiaux chinois utilisent encore cette orthographe. C’est pourquoi, en recherchant des ressources, on tombe souvent sur Hsing I Ch’uan plutôt que Xing Yi Quan.
Le Pinyin : le standard international actuel
Le Pinyin, créé en 1956 sous l’impulsion de la République populaire de Chine, devient en 1982 le standard international recommandé par l’ONU. Il vise à simplifier l’apprentissage du mandarin et à remplacer les multiples systèmes existants, dont le Wade‑Giles.
Plus simple, plus cohérent et mieux adapté à l’enseignement moderne, le Pinyin est aujourd’hui utilisé :
dans les manuels de chinois
dans la plupart des publications récentes sur les arts martiaux
dans les noms officiels des styles et des écoles en Chine continentale
👉🏻 On écrira alors :
Xing Yi Quan (形意拳)
Bagua Zhang (八卦掌)
Taiji Quan (太極拳)
C’est ce système que nous utilisons à l’école Dào Xíng Shé pour nommer les arts martiaux traditionnels chinois que nous transmettons : Xing Yi Quan, Bagua Zhang, et Kung Fu Shaolin.

Pourquoi est‑il utile de connaître les deux systèmes ?
Connaître à la fois le Wade‑Giles et le Pinyin est utile pour plusieurs raisons :
Rechercher des ressources : beaucoup de livres, vidéos et articles anciens utilisent le Wade‑Giles. Savoir que Hsing I Ch’uan = Xing Yi Quan permet de ne pas passer à côté de documents importants.
Comprendre l’histoire : la plupart des maîtres qui ont introduit les arts martiaux chinois en Occident dans les années 1960–1980 utilisaient le Wade‑Giles. Leurs élèves ont souvent conservé cette orthographe.
Naviguer entre les écoles : certaines écoles, notamment hors de Chine continentale (Taïwan, États‑Unis, Europe), continuent d’utiliser le Wade‑Giles par tradition.
À l’école Dào Xíng Shé, nous privilégions le Pinyin pour sa simplicité et son statut de standard international, tout en restant attentifs à ces variantes historiques. Que vous rencontriez Xing Yi Quan ou Hsing I Ch’uan, il s’agit bien du même art martial : 形意拳, « le poing de la forme et de l’intention ».



