top of page

Comment enseigne-t-on les arts martiaux à Dào Xíng Shé ?

  • Photo du rédacteur: Philippe Cardon
    Philippe Cardon
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

À Dào Xíng Shé, nous enseignons les arts martiaux traditionnels chinois comme une voie de transformation progressive. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre des enchaînements, de reproduire des postures ou d’accumuler des techniques : la pratique vise à faire évoluer le corps, l’attention, la relation à l’autre et la capacité à agir avec justesse.


Notre enseignement s’appuie principalement sur trois disciplines complémentaires : le Saolim, le Xing Yi Quan et le Bagua Zhang. Elles ne sont pas proposées comme trois chemins séparés, mais comme les expressions d’une même recherche martiale.


L’objectif est de développer une force à la fois corporelle, structurelle, martiale, mentale et intérieure.

  • Une force corporelle, stable, tonique, relâchée et équilibrée

  • Une force structurelle, enracinée, alignée, ouverte et reliée

  • Une force martiale, capable de recevoir, absorber, diriger et émettre

  • Une force mentale, calme, présente et déterminée

  • Une force intérieure, centrée au Dan Tian, détachée et à l’écoute


Cette force ne se résume ni à la puissance musculaire ni à la performance. Elle naît progressivement d’un corps mieux organisé, d’un souffle plus libre, d’une attention plus stable et d’une pratique régulière.


Enseignement des arts martiaux à Rennes

Une tradition vivante


Pour Dào Xíng Shé, un art martial traditionnel n’est pas une pratique figée dans le passé. Il repose sur des principes, des méthodes et des formes issus de lignées martiales, mais il doit rester vivant : compris dans son intention, adapté aux pratiquants et transmis avec responsabilité.


La tradition ne consiste donc pas à reproduire mécaniquement un mouvement. Elle demande de chercher ce qui donne au mouvement sa cohérence : l’enracinement, l’alignement, le relâchement, la direction de la force, la qualité de présence et la relation au partenaire.


Les formes, les postures, les marches et les exercices à deux constituent des outils. Ils permettent d’explorer des principes qui peuvent ensuite s’exprimer dans des situations variées. L’enseignement conserve ainsi une structure claire tout en laissant la place à l’évolution, à l’expérience et à la maturation personnelle.


Trois disciplines, une méthode


Le Saolim, le Xing Yi et le Bagua se complètent et s’éclairent mutuellement.


Le Saolim forge le corps. Il développe la tonicité, la vivacité, l’endurance, la souplesse et la capacité à engager le corps de manière coordonnée. Il apprend aussi à alterner effort et relâchement, intensité et disponibilité.


Le Xing Yi organise et dirige la force. Il donne une place centrale à la structure, à l’intention, avec des gestes précis, épurés et un corps unifié.  Son travail aide à relier le sol, les jambes, le bassin, le tronc et les mains dans une action cohérente.


Le Bagua transforme la force dans le déplacement, la rotation et l’adaptation. Il développe la mobilité, la continuité, les changements d’angle, l’écoute et la capacité à ne pas opposer de rigidité à la rigidité.


Ces trois pratiques nourrissent une même question : comment construire une force réellement disponible, capable de s’exprimer sans tension inutile et de s’adapter à ce qui se présente ?


Une progression personnelle, sans système de grade


Dào Xíng Shé propose un cadre d’orientation, et non une succession d’examens ou d’obligations de passage. Chacun progresse selon son rythme, son engagement, sa santé, ses disponibilités et son expérience.


Un élève peut avoir besoin de rester longtemps sur une posture, une marche, une coordination ou une forme. Ce temps d’approfondissement fait partie de l’apprentissage : une fondation solide se construit rarement dans la précipitation.


La progression dépend notamment :

  • De l’assiduité et du temps consacré à la pratique personnelle

  • De la disponibilité corporelle, de l’âge, de l’état de santé et du vécu de chacun

  • De la capacité à écouter, recevoir et expérimenter les consignes

  • De la qualité du relâchement, davantage que de la quantité de techniques mémorisées

  • De l’aptitude à travailler avec les autres de manière sûre, respectueuse et attentive

  • De la régularité, de la patience et de l’engagement dans la durée


L’objectif n’est pas d’aller vite, mais d’entrer en profondeur.


Tous les niveaux travaillent ensemble


Les cours reposent sur un tronc commun partagé autant que possible par l’ensemble des pratiquants. Débutants et pratiquants plus expérimentés travaillent ainsi sur une même matière, mais chacun à différents niveaux de profondeur et une exigence adaptée à chaque personne :

  • La durée des postures ou des exercices

  • La précision technique demandée

  • L’intensité, le rythme et l’amplitude du mouvement

  • Le degré de contrainte dans les exercices à deux

  • Le nombre de variantes, d’applications ou de transformations explorées

  • L’autonomie attendue dans la pratique et la recherche personnelle


Des sous-groupes peuvent être constitués ponctuellement pour transmettre une forme, approfondir un détail, proposer une correction plus individualisée ou travailler des applications adaptées à l’expérience de chacun.


La progression est donc conçue comme une spirale. Les fondamentaux reviennent régulièrement, année après année, mais ils ne sont jamais tout à fait les mêmes : la posture peut devenir plus vivante, le relâchement plus profond, l’intention plus claire, le contact plus précis et l’adaptation plus libre.


Les débutants peuvent ainsi s’inspirer du mouvement des plus expérimentés, et ces derniers peuvent accompagner les nouveaux.


Quelques repères dans le parcours


Les premières années donnent des repères sans constituer un programme fermé ni un calendrier obligatoire.


Pour les débutants, la première année met généralement l’accent sur le Saolim et les fondamentaux du Xing Yi. Il s’agit avant tout de construire un corps plus disponible, plus tonique, mieux organisé et capable de soutenir une pratique régulière. L’enjeu n’est pas d’accumuler des techniques, mais d’acquérir des bases fiables.


La deuxième année permet habituellement d’approfondir le Xing Yi, qui devient alors plus explicitement le centre de l’étude. Le Saolim demeure une pratique majeure de forge, de souffle et de densité corporelle. Le Bagua peut apparaître progressivement lorsque l’élève dispose d’un minimum de stabilité, de relâchement et d’autonomie.


La troisième année n’est pas un aboutissement. Elle ouvre plutôt une phase dans laquelle l’élève commence à relier les trois arts et à personnaliser davantage sa pratique. Selon les parcours et les besoins, le Bagua ou les animaux du Xing Yi peuvent prendre une place plus importante. Le Saolim et les cinq éléments du Xing Yi restent toutefois des racines essentielles : ils entretiennent la force, la structure et la mobilité nécessaires à l’ensemble.


Ces orientations peuvent évoluer. Elles sont au service de la transmission, des personnes présentes et de la cohérence de l’école, non l’inverse.


Une séance permettant d’entrer en profondeur


Une séance de 2h45 peut être davantage orientée vers le Saolim, le Xing Yi ou le Bagua. Cette orientation varie selon la période de l’année, le travail en cours et les besoins du groupe.


Toutefois, certains éléments demeurent au cœur de la pratique : le travail des fondations, l’attention à la structure, la recherche du relâchement, l’étude des formes et le travail à deux.


Le contact ne vise pas à mettre les élèves en opposition ni à valoriser la domination. Il sert à apprendre à écouter, à sentir les tensions, à mesurer ses gestes, à préserver son partenaire et à vérifier concrètement les principes étudiés seul. La sécurité, le consentement, le contrôle et le respect mutuel y sont essentiels.


Les valeurs de Dào Xíng Shé


La technique ne peut être séparée de l’état d’esprit avec lequel elle est pratiquée. Les arts martiaux demandent de la rigueur, mais aussi de l’humanité. À Dào Xíng Shé, nous cherchons à faire vivre les valeurs suivantes :

  • La sincérité : être honnête avec soi-même, avec son niveau réel, ses difficultés et ses intentions

  • L’ouverture d’esprit : apprendre sans se fermer à ce qui questionne nos habitudes ou nos certitudes

  • Le respect : pour les personnes, les corps, les parcours, les enseignants, les partenaires et les lieux de pratique

  • L’engagement : pratiquer avec régularité, patience et constance, sans chercher de résultats immédiats

  • La bienveillance : aider chacun à progresser dans un cadre exigeant, sûr et non humiliant

  • La loyauté : respecter la confiance donnée, les règles collectives et l’esprit de l’école


Pratiquer à Dào Xíng Shé, c’est apprendre à développer une force qui ne se réduit pas à vaincre. C’est chercher une présence plus stable, un corps plus disponible, une relation plus juste à l’autre et une capacité accrue à s’adapter sans se perdre.


La voie martiale se construit pas à pas, dans la répétition, l’attention, le partage et le temps long.

bottom of page